À l’invitation de l’Alliance africaine pour une justice centrée sur les personnes et de Terre des hommes, j’ai pris part, le 28 octobre 2025 Dauda Kairaba Jawara Center à Banjul, en marge de la session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, à une journée de discussion sur le thème : Placer les personnes au centre de la justice en Afrique.
La journée était articulée autour de 3 sessions plénières. La première était dédiée au rôle de l’Union africaine et des mécanismes régionaux dans l’accès à la justice sur le continent. La seconde a abordé les questions relatives aux données, à la recherche et aux preuves en justice. La troisième a examiné la justice centrée sur les enfants tandis que la quatrième a exploré les diverses approches de justice.
La première session a permis de mettre en relief la contribution des mécanismes de l’Union africaine, des mécanismes régionaux tels que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, la CEDEAO, l’EAC et la SADEC dans l’accès à la justice, particulièrement pour les populations les plus vulnérables. Les membres de ce panel se sont également penché sur la conformité des législations et des pratiques nationales avec les standards régionaux. Ils ont également mis en lumière la nécessaire et effectivement coopération entre les différents mécanismes pour prévenir les conflits, résoudre pacifiquement les conflits et soutenir la résilience des institutions à travers les frontières.
Le deuxième panel a évoqué la nécessité de disposer des données pour informer les réformes, mais a aussi discuté des nouveaux modes de collecte des preuves, notamment à travers les moyens numériques et leur intégration dans les systèmes de justice.
Le quatrième panel a débattu de la diversité des systèmes de justice en Afrique, formel, coutumier ou religieux et leurs articulations respectives. Il a été constaté le recours des populations à une justice de proximité. La nécessité de passer d’une approche coloniale excluant la différence et le risque à une approche complémentaire de la gestion de diversité basée sur les droits de l’homme. Cette approche valorise, comprend et intègre la différence.
Dans le troisième panel, j’ai mis en relief la nécessité de l’appropriation, de la localisation ou la contextualisation qui vise à prendre en compte les pratiques locales et leur connexion au système de justice formel. J’ai également insisté sur la nécessité de la compréhension de l’enfant, de ses besoins et de ses attentes. Cette compréhension induit une inclusion des approches psychologiques, sociologue et anthropologie qui éclaire le sujet de la protection qu’est l’enfant. J’ai mis le doigt sur la nécessité politique d’une clarification des options, entre les approches sécuritaires et les approches de protection.
J’ai enfin interpellé sur l’urgence d’agir, car l’investissement sur l’enfant aujourd’hui est une semence pour l’avenir.

